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À l’automne 2014, le Ministère du transport du Québec (MTQ) a dévoilé en grande pompe l’électrification du corridor Montréal-Québec de l’autoroute A-40, afin de déterminer si les électromobilistes québécois seraient prêts à effectuer des trajets interurbains avec leurs véhicules 100% électriques grâce aux recharges rapides. Le projet-pilote fut couronné de succès.

Un élément important du projet-pilote était de bien signifier aux électromobilistes que des bornes de recharge se retrouvaient maintenant à certaines haltes routières de l’autoroute 40. Pour ce faire, l’iconographie du véhicule électrique représenté par une voiture entourée d’un cercle (ressemblant du même coup à une prise de courant) fut utilisé sur les panneaux bleus et bruns le long du corridor électrifié.

Depuis ce temps, cette signalisation, qui offrait du même coup un élément de sensibilisation auprès des automobilistes sillonnant les routes du Québec, n’a plus refait surface.  En effet, ces panneaux démontraient aux citoyens qu’un réseau de recharge rapide leur serait accessible le jour où ils adopteraient à leur tour la voiture électrique. Déçus du manque de vision des autorités concernant cette opportunité, l’AVÉQ s’est impliquée auprès de différents intervenants afin de s’assurer qu’on aille de l’avant avec de la signalisation pour les bornes rapides BRCC.

Premier obstacle: le budget 
​L’utilisation des panneaux bleus implique des coûts annuels récurrents, puisque le MTQ n’est pas exempt de cette tarification. Les panneaux bruns n’auraient pas cette restriction budgétaire, mais ils sont moins nombreux sur nos routes.


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Deuxième obstacle: le pictogramme 
​Lors de discussions avec les responsables des panneaux, personne ne s’entendait sur le pictogramme à utiliser. Officiellement, celui qui est présentement en fonction sur l’autoroute 40 est unique au Québec, et on préférait utiliser un pictogramme plus universel. Au Vermont et ailleurs aux États-Unis, on utilise la « pompe à essence » qui possède un fil et une prise électrique à son embout, possédant les lettres « EV » à l’intérieur du boitier, à la verticale.

Les fonctionnaires ont tergiversé sur l’utilisation des lettres VÉ au lieu de EV, l’utilisation d’un éclair au lieu de lettres pour dénoter une recharge rapide, ou même la tension « 400V » pour préciser la vitesse de la borne. Doivent-ils également indiquer les bornes rapides appartenant à la compagnie Tesla, ce qui apporterait matière à confusion chez les électromobilistes? Bref, personne ne semblait s’entendre, mais le dossier devait aboutir « sous peu ». Nous tenons à préciser que ces discussions ont eu lieu sur plusieurs années, puisque le nombre impressionnant de ministres qui ont défilé au MTQ depuis 2014 fait que ce dossier n’était pas considéré prioritaire.

Nous voici maintenant en 2018, avec un budget pour un programme de sensibilisation auprès de la population; une norme VZÉ (véhicule zéro émission); des incitatifs de 4000-8000$ à l’acquisition d’un VÉ neuf ou usagé; et un règlement autorisant Hydro-Québec à utiliser les recettes perçues en recharge domiciliaire chez les clients possédant un véhicule électrique afin de les réinvestir dans un réseau de recharge rapide sur le territoire québécois. Nous sommes vraiment chanceux.

Mais une récente visite au Nouveau-Brunswick cet été nous rappela le manque de signalisation sur nos routes en ce qui concerne les bornes rapides. Rappelons que grâce au partenariat de financement de Ressources naturelles Canada, NB Power a procédé à l’installation de 10 BRCC l’été dernier afin de permettre à sa clientèle et aux touristes de passage dans la province la possibilité de recharger leurs véhicules électriques sur l’autoroute la plus fréquentée au Nouveau-Brunswick.

Ces bornes furent accompagnées d’une signalisation abondante indiquant précisément le trajet à effectuer pour trouver la BRCC afin d’y faire le plein d’électrons. La province étant officiellement bilingue, le pictogramme choisit fut la borne avec les lettres « EV » et « VÉ » à l’intérieur. Simple, efficace.

En ce temps d’élection, nous tenons à rappeler aux candidats politiques l’importance de cette signalisation, qui non seulement est utile aux électromobilistes actuels, mais surtout offre une opportunité de sensibilisation auprès de la population qui hésite encore à faire l’acquisition d’un VÉ à cause de leur autonomie limitée. La recharge rapide vient pallier la capacité limitée des modèles abordables en permettant aux propriétaires de se recharger en une trentaine de minutes pour continuer leur trajet par la suite. Les VÉ à grande autonomie commencent déjà à être disponibles sur le marché, mais eux aussi ont besoin d’un réseau de recharge rapide fiable.

Avec le réseau de recharge rapide du Circuit Électrique qui est appelé à prendre de l’expansion dans les prochaines années, il est plus que jamais impératif de s’assurer que la signalisation fera partie intégrante des projets d’installation de BRCC au Québec pour mieux répondre aux besoins des électromobilistes actuels et futurs.


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​Contributeur: Simon-Pierre Rioux 


Rabais sur assurance pour voiture électrique!