À chaque fin d’année, il est toujours intéressant de faire le bilan des derniers 12 mois, et dans le domaine de l’électromobilité c’est toujours un privilège de revoir les moments les plus marquants pour en choisir 10 selon leur importance dans ce marché en pleine effervescence. 

L’équipe de l’émission « Silence On roule! » ont fait l’exercice lors de leur plus récent podcast publié en décembre. Si vous n’avez pas eu la chance de l’écouter, nous vous suggérons fortement cet épisode où l’animateur Martin Archambault discute tout en humour avec ses collaborateurs sur ce qui a marqué l’année 2020.

Voici un résumé de ce Top 10, et l’impression de l’AVÉQ sur ce qui a été déterminant cette année.

10- Les manufacturiers automobiles qui multiplient les annonces
Que ce soit les grands manufacturiers allemands (Groupe VW; BMW; Mercedes) qui multiplient les investissements pour transformer leurs chaines de montage en prévision de la production de plus en plus importante de VÉ et la diminution de la production des véhicules à essence, ou les groupes américains qui étonnent avec l’annonce de VUS et autres modèles phares qui seront électrifiés dans les prochaines années (pickup RAM, Ford F-150, Ford Mustang Mach-E, Chevrolet Silverado ainsi que de multiples crossovers et VUS), l’avenir s’annonce prometteur pour les consommateurs avides de VÉ.
9- L’arrivée de nouveaux véhicules sur le marché québécois
À chaque nouveau véhicule électrique fraichement disponible, on remarque un engouement des consommateurs fidèles à « leur » marque qui font leurs calculs et décident d’opter pour un véhicule électrique du manufacturier. Nouveautés 2020: BMW X3 PHEV, Toyota RAV4 Prime, Tesla Model Y, Porsche Taycan, Mini Cooper SE, Audi Q5 TSFi e, Lincoln Aviator PHEV, Volvo V60 PHEV et S60 PHEV, ainsi que la Subaru Crosstrek PHEV. À quand les véhicules électriques chinois au Québec?
8- Les batteries lithium de traction qui prennent feu
Qu’on parle du rappel préventif des Chevrolet Bolt EV qui doivent limiter leur recharge à 90% jusqu’à nouvel ordre pour éviter un possible feu de batterie car un défaut de fabrication existerait dans le module, ou qu’on se souvienne de l’explosion d’un Hyundai Kona EV stationné dans un garage domiciliaire à Montréal, les véhicules électriques dans leur ensemble sont des véhicules sécuritaires qui présentent des risques de feu beaucoup moins élevés que leurs cousins à essence (189,000 en 2019 aux USA soit 518 par jour). À noter que les feux de voitures à essence ont considérablement diminué avec les années, se situant à 450,000 annuellement dans les années 80. 
7- D’autres études démontrant que les véhicules électriques sont moins chers à entretenir
Un des freins à l’achat de VÉ demeure pour plusieurs consommateurs le prix élevé d’achat. Bien que les incitatifs gouvernementaux permettent d’abaisser de manière substantielle le surcoût d’acquisition de ces voitures, il en reste que pour un véhicule équivalent électrique on doit encore payer quelques milliers de dollars de plus. Heureusement, depuis longtemps nous savons qu’à l’utilisation les coûts en énergie (électricité versus essence) et les coûts d’entretien (6,000$ au lieu d’un 12,000$ pour l’auto à combustion) permettent aux propriétaires de rentabiliser leur achat. Cette étude de Consumer Reports vient éclaircir ces données. Un autre facteur: les propriétaires de VÉ ont tendance à garder leur véhicule plus longtemps puisque les frais d’entretiens ne s’enveniment pas au delà de 320,000 km. 
https://www.aveq.ca/actualiteacutes/etude-de-consumer-reports-les-ve-compensent-au-fils-du-temps-un-prix-dachat-plus-eleve
6- Dévoilement de l’année: le GMC Hummer EV
Le Hummer, l’antithèse de la voiture écologique, l’ennemi juré des écolos, tente de se racheter auprès de la population avec un véhicule exceptionnel et entièrement électrique dont la première production complète fut réservée en 48 heures, même au prix de 148,000$. Disponibilité automne 2021 pour les heureux consommateurs qui l’ont réservé à l’avance. Des modèles moins dispendieux seront vendus dans les prochaines années, les versions plus cossues (et profitables pour GM) étant offertes en premier.
https://www.aveq.ca/actualiteacutes/avec-1000ps-de-propulsion-electrique-le-humvee-est-pret-pour-lavenir
5- Les premières livraisons du Tesla Model Y au Québec
En mars 2019, Tesla a présenté le Model Y, un multi segment tout électrique basé sur le Model 3, qui offre une autonomie pouvant aller jusqu’à 482 km. Disponibilité prévue pour Q3-2020, Tesla s’est démarqué et a commencé à les livrer aux USA 6 mois plus tôt. Le Québec a vu ses premiers Model Y en juin, et en comptait 522 au 30 septembre.
https://www.aveq.ca/actualiteacutes/tesla-confirme-deja-la-livraison-de-model-y-a-ses-clients
4- La présentation technologique des futures batteries de Tesla (aka « Battery Day »)
Une journée que de nombreux observateurs attendaient depuis plusieurs mois suite à de nombreux reports, on y annonçait non pas une chimie de batterie révolutionnaire mais bien de nombreuses petites améliorations liées à la densité énergétique et à la grosseur optimale d’une cellule, permettant d’abaisser le coût de celles-ci. De plus on présenta des progrès industriels dans leur production. En intégrant le bloc-batterie à même le chassis du véhicule, on en diminue sa complexité, son refroidissement et son poids ce qui se répercute sur l’autonomie complète du véhicule.
3- Le déploiement des bornes rapides BRCC dans la province
Le réseau de recharge « Circuit Électrique » annonce qu’il augmentera significativement le nombre de BRCC installées sur le territoire, passant d’un objectif de 1600 à plus de 2500 dans les prochaines années. À noter que l’AVÉQ avait estimé en 2018 que les besoins réels des électromobilistes qui seront près de 300,000 d’ici 2026 serait de 2,000 bornes rapides. Avec la venue d’autres réseaux complémentaires dans l’espace de la recharge rapide, dont RechargÉCO du Jour de la Terre / IGA, Electrify Canada de Volkswagen, le réseau rapide de Pétro-Canada, et l’annonce d’un projet-pilote chez Couche-Tard, il pleuvra des BRCC au Québec, ce qui bénéficiera les longs trajets en VÉ, mais surtout offrira l’opportunité à ceux qui n’ont pas accès à une borne à leur domicile (locataires, stationnement sur rue) de considérer le VÉ comme prochain véhicule. Les BRCC joueront alors le rôle de la « station d’essence » une ou deux fois par semaine selon l’utilisation effectuée.
https://www.facebook.com/watch/?v=760608291467209 (vidéo)
2- L’impact de la pandémie sur l’industrie VÉ
Alors que les ventes de VÉ devaient battre des records encore cette année, la fermeture de la majorité des usines de production ont fait mal à l’industrie qui a pris plusieurs mois à s’en remettre, exception faite de Tesla alors que son fougueux PDG Elon Musk s’est battu avec les autorités locales pour que la compagnie soit reconnu comme « service essentiel » (ils ont finalement livré 500,000 VÉ en 2020, fidèle à leur objectif)
Pour sa part, l’objectif du gouvernement provincial d’atteindre 100,000 VÉ sur nos routes fut raté de près.
1- L’annonce du gouvernement provincial d’interdire la vente des voitures à essence aux particuliers dès 2035
L’AVÉQ a été consultée à l’automne 2019 pour l’élaboration du Plan d’électrification et de changements climatiques (PECC) du gouvernement provincial, créé pour orienter le gouvernement dans la tâche difficile de créer de nouveaux objectifs afin de diminuer la pollution atmosphérique tout en s’offrant de solides perspectives économiques. Une des mesures phares est d’en finir une fois pour toute avec la vente de véhicules polluants, qui sont responsables pour 43% de la pollution atmosphérique au pays. Plusieurs groupe environnementaux appuyaient l’AVÉQ afin que la date butoir soit fixée à 2030, donc 5 ans plus tôt que ce qui a été présenté par le gouvernement. Par contre, cette date rejoint d’autres pays et États américains comme la Californie.
​Voici les autres dates butoirs à travers le monde. Allemagne 2030, France 2040, Angleterre 2030, Norvège 2024, Inde 2030, Autriche 2040, Chine 2040, Danemark 2040, Irlande 2030, Japon 2040, Pays Bas 2040, Portugal 2040, Corée 2040, Espagne 2030, Écosse 2032, Israel 2030.
https://www.aveq.ca/actualiteacutes/aucune-vente-de-vehicule-a-essence-au-quebec-des-2035-quest-ce-que-ca-signifie-pour-vous

​Miroir miroir, que nous réserve 2021?

1) Le plus beau, bien entendu! L’arrivée des premières camionnettes et VUS électriques, ainsi que de nouveaux véhicules tels que les Ford Mustang Mach-E, PoleStar 2, Tesla Cybertruck, Nissan Ariya, Mercedes EQC, VW iD.4, Volvo XC40 Recharge, Audi e-Tron GT, Rivian RS-1, et d’autres surprises.

2) Encore plus de choix de recharge, avec l’installation de bornes rapides (BRCC) et ultra-rapides (BURCC) à de multiples sites par les réseaux Circuit Électrique, RechargeÉCO, Chargepoint, Electrify Canada, Tesla Superchargers et  Pétro-Canada

3) Une norme VZÉ plus sévère, demandant aux fabricants d’offrir des véhicules électriques aux Québécois avec un temps de livraison « raisonnable » pour finalement éliminer les listes d’attente

4) Des incitatifs pour les VUS et camionnettes électriques, car présentement il n’y a aucun nouveau véhicule dans ces catégories qui se qualifient aux incitatifs gouvernementaux à cause de leur prix jugé trop élevé.

5) Une usine québécoise de batterie lithium pour répondre à la demande mondiale grandissante. Déjà une délégation québécoise est en Corée pour offrir aux géants Samsung et LG Chem de généreux incitatifs pour les convaincre de bâtir une usine ici même. Un premier pas serait franchi en signant un protocole d’entente cette année.

6) Encore plus d’actualités, d’événements (virtuels?), de podcasts et de surprises de la part de notre équipe!


​Contributeur: Simon-Pierre Rioux

Rabais sur assurance pour voiture électrique!