L’Amérique rurale est-elle prête pour les véhicules électriques ? Et où rechargeriez-vous votre Ford F-150 Lightning ou votre Tesla Cybertruck en pleine campagne ?

Bien qu’une audience du comité de la Chambre sur l’agriculture au début du mois ait conclus après de nombreux témoignages que l’Amérique rurale n’est pas prête pour les véhicules électriques, qualifiée comme étant la catégorie : « peur, incertitude et doute ». Cependant des participants, incluant les stations-service et les dépanneurs ont présenté une vision plus optimiste qui permettrait d’obtenir plus de bornes de recharge dans des régions où les distances sont plus vastes et éloignées.

« Les entreprises qui fournissent actuellement de l’énergie aux automobilistes sont bien placées pour jouer un rôle important dans la décarbonation du secteur des transports grâce à la vente de carburants liquides plus propres et de technologies alternatives, telles que l’électricité », a déclaré Trevor Walter, vice-président de la gestion de l’approvisionnement en pétrole pour la compagnie Sheetz, témoignant devant le Congrès plus tôt ce mois-ci au nom de la société et de la National Association of Convenience Stores (NACS). « Nous voulons nous associer au Congrès pour aider à atteindre les objectifs environnementaux axés sur le marché et la convivialité pour le consommateur. »

Emplacement du dépanneur Sheetz avec borne de recharge pour VÉ

Plus simplement, les détaillants de carburant croient qu’avec 150 000 emplacements aux États-Unis, ils sont le remède contre l’anxiété liée à l’autonomie. Ils peuvent également aider à fournir la recharge dans les villes que ce soit pour les habitants d’appartements ou de condos, ou pour les locataires sans accès à des garages ou stationnements.

Selon ce témoignage, 93% des Américains vivent à moins de 10 minutes d’un point de vente de carburant, qui incluent généralement un service de restauration et des toilettes. « Ces entreprises sont particulièrement importantes dans les zones rurales du pays qui pourraient ne pas avoir autant de commerces. Dans ces endroits, le dépanneur représente non seulement un endroit pour s’approvisionner en carburant, mais sert souvent d’épicerie ou de centre communautaire », a déclaré le représentant du NACS.

Le regroupement de dépanneurs a cité la norme sur les carburants renouvelables (RFS), créée en 2005, comme modèle pour expliquer comment cela pourrait se réaliser. Cette norme a créée des incitatifs pour permettre aux détaillants d’investir dans de nouveaux biocarburants, principalement l’éthanol de maïs.

Toujours selon le même témoignage, « les détaillants de carburant ont alors investi dans des carburants renouvelables et dans des incitatifs de l’époque pour les carburants alternatifs qui permettaient aux détaillants d’offrir aux consommateurs des carburants à faible teneur en carbone à des prix plus compétitifs.

Panneau routier pour la station de recharge rapide de voitures électriques de la station BP dans la région de Metrolina à Charlotte, Caroline du Nord

Les exploitants de dépanneurs demandent que des fonds fédéraux soient accordés aux exploitants du secteur privé qui mettent leur propre capital en danger plutôt qu’aux fournisseurs de services publics qui sont en mesure de répartir les coûts supplémentaires sur leurs contribuables ou qui peuvent éviter d’augmenter leurs propres frais d’opérations.

Et cela explique pourquoi les dépanneurs se sont alliés : ils craignent la tarification des produits et la réforme des frais d’utilisation, qui font en sorte que les bornes de recharge rapides en milieu rural sous utilisés par les consommateurs soient trop onéreuses pour être rentables. De plus, ils considèrent que les services publics et leurs structures de frais imposent des coûts régressifs importants aux Américains à faible revenu ».

« Cela améliorerait le fonctionnement de l’économie non seulement pour les détaillants mais, plus important encore, pour les consommateurs », résume le témoignage.

Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, les dépanneurs et les stations-service ne sont pas toujours situés aux meilleurs endroits pour faciliter la recharge rapide, en grande partie à cause de leur situation par rapport au réseau électrique. Mais avec de nouvelles solutions qui utilisent par exemple une batterie tampon pour « renforcer » l’alimentation, les bornes de recharge rapides peuvent être installées presque n’importe où.

Borne de recharge FreeWire au dépanneur

Le témoignage des détaillants indique qu’ils ne sont pas liés à l’essence et au diesel : « Bien qu’ils n’aient pas de préférence pour satisfaire la demande des consommateurs, les membres de l’industrie ont par contre un parti pris : ils croient que pour le moment, c’est ce qu’il y a de mieux pour le consommateur américain et que ça représente la position industrielle de l’Amérique sur le marché mondial pour avoir des prix d’énergie raisonnablement bas et stables.

Il est donc difficile pour eux d’imaginer un carburant avec une structure de prix plus stable que l’électricité, étant donné la situation actuelle. Cependant, d’après les récents commentaires d’un haut dirigeant de BP, les grandes multinationales de l’énergie voient la lumière au bout du tunnel pour les stations-service, affirmant que, basé sur la marge de profit, les bornes de recharge rapides sont presque aussi rentables que les pompes à essence .

C’est plutôt vu comme le paradoxe de l’œuf et de la poule de vouloir accélérer la vente de véhicules électriques dans les régions rurales de l’Amérique. Comme les données fédérales l’indiquent clairement, il y a une pénurie de bornes recharge dans certaines régions des États-Unis, situées entre le Montana et les Dakotas jusqu’au Mississippi et l’Alabama. Jusqu’à maintenant, la densité des bornes de recharge publiques a toujours été liée au taux de possession de VÉ.

Comme Bloomberg l’a souligné dans un article récent, un réseau amélioré et plus vert pour l’Amérique rurale, ciblé par le nouveau programme comme étant une partie importante du projet de loi sur les infrastructures, serait un atout non seulement pour l’intégration, mais également pour les nouvelles entreprises et les nouveaux emplois. Sans cette réalité, le manque d’accès à la recharge dans les régions rurales pourrait bien devenir un problème d’accessibilité sociale .

Station-service Jack Colker Union 96 à Beverly Hills, via oobject.com

Et ce ne serait pas la première fois que le gouvernement fédéral interviendrait pour construire un réseau. En 1930, seulement 10 % des fermes américaines étaient connectées au réseau, et cependant à la fin de la Seconde Guerre mondiale, 40 % des fermes américaines avaient l’électricité. Le simple fait de connecter l’Amérique rurale à l’électricité avait initialement nécessité des prêts fédéraux, administrés par la Rural Electrification Administration créée en 1936.

Selon le NACS, sans aucun soutien supplémentaire, « jusqu’à ce que les consommateurs voient des bornes de recharge dans les points de vente où ils font actuellement le plein d’essence, les américains n’adopteront pas cette alternative en grand nombre ».

La grande majorité des conducteurs de véhicules électriques auront rarement à recharger leurs VÉ ailleurs que dans leur allée ou leur garage. Mais au-delà des convaincus, et au-delà des villes et des banlieues, sont-ils vraiment intéressés ?
Bengt Halvorson

Green Car Reports

Contribution: André H. Martel

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